et Bella BELLOW avait des couilles.

« Le Togo ne mĂ©rite pas certains de ces enfants
 »

dixit un fantĂŽme togolais.

Je pourrais passer des heures sur cette page à argumenter cette phrase mais ce billet n’en est ni le moment ni l’endroit.

Je voudrais vous rappeler l’existence chers lecteurs et lectrices, d’un homme qui honore le Togo à sa maniùre au travers de son jeu de Batterie, de Saxophone mais beaucoup plus de part sa Guitare et sa Voix.

Dans sa carriĂšre, il revient trĂšs souvent le nom d’une icone de la Musique au Togo, JIMI HOPE (un article lui sera consacrĂ© bientĂŽt! Freinez votre envie!!). Comme il l’aime Ă  le dire, JIMI lui a permis de faire ses premiers concerts professionnels en ‘96, puis il accompagne un moment dans sa carriĂšre dĂšs ‘98, King Mensah, l’autre monstre de la musique avant de partir du Togo en 2004 pour la France.

Notre gĂ©nĂ©ration (1989-1999) de togolais, a Ă©tĂ© formatĂ©e peu Ă  peu par les mĂ©dias Ă  Ă©valuer, l’homme artistique sur trois principaux points : la popularitĂ©, la richesse, et l’image. Qui n’a pas aimĂ© un Michael Jackson, un Booba, sans les connaitre ?

D’une voix calme, limite timide mais sur d’elle, il aime partager ses expĂ©riences, son vĂ©cu artistique.

« J’ai dĂ©couvert la guitare quand j’avais neuf ans
 Je me suis imposĂ© d’abord par le travail. On ne devient pas musicien du jour au lendemain. Il faut travailler et surtout avoir une ouverture d’esprit […] Dans une ville comme Paris oĂč il y a 10.000 guitaristes qui jouent 10.000 fois mieux que vous, il n’y a que le travail qui puisse payer… MĂȘme quand j’ai l’occasion de donner des cours, je n’hĂ©site pas Ă  en apprendre aussi  »

Qui aurait cru que cet enfant de Be-Kpota aurait le parcours incroyable qu’il a aujourd’hui et cette expĂ©rience gargantuesque dont il est dĂ©positaire avec sa guitare.

Son univers musical est porté par le rock, le funk, la pop, le jazz, le blues avec une touche de tradition togolaise et de musicalités africaines.

Avec quatre (04) albums à son actif, GAMESOU (2007), TOGO TO GO (2010) avec le groupe ZOKA FONKTION, PEARLS and GOLD, un album acoustique solo que je vous conseille vivement (2012), ELECTRIC TOGOLAND (2014), et  un (01) EP FUNKABELIC (2012).

Il joue sur plusieurs scĂšnes dans le monde entier avec sa guitare et sa console Ă  huit (8) pĂ©dales (ce n’est pas Moi qui apprend Ă  faire les Do, Re, Mi sur une sĂšche! Non Non Non et Non!!!).

Il est le guitariste togolais le plus prolifique en collaboration.

Dans la catĂ©gorie rock/funk/reggae/variĂ©tĂ©, il monte sur scĂšne et joue aux cotĂ©s de Keziah JONES (il sera l’un des premiers guitaristes a utilisĂ© la spĂ©ciale Guitare Lag que JONES a dĂ©veloppĂ©), BLACK EYED PEAS, PATRICE, Abd AL MALIK, TM STEVENS, Richard BOHRINGER, Tom FRAGER, GWAYAV, MĂ©lissa LAVEAUX, Maureen ANGOT, FUTURE PARADISE, BOY DAMON T, KB LEK…

Dans le jazz/blues/folk, il a cÎtoyé Raul MIDON, Boney FIELDS, Tom CURREN, Ursuline KAIRSON, Nicolle ROCHELLE


Dans la World Music, il est tout aussi polyvalent avec des stars tant africaines qu’étrangĂšres comme le grammy VIEUX FARKA TOURÉ, So KALMERY, BELO, Cheick TIDIANE SECK, Calypso ROSE, Sally NYOLO, Miriam MAKEBA, AĂŻcha KONÉ, GASANDJI, King MENSAH, Jimi HOPE, Rido BAYONNE, Alain APALOO, GĂ©raldine Ros, BOYAKODAH, AFRICA COMBO, Villa St MICHEL…

Il aligne et compile chaque annĂ©e des collaborations monstres sur les albums d’artistes internationaux qui lui rendent le pareil au travers de dĂ©dicaces, de messages de soutien (le projet ELECTRIC TOGOLAND).

En parlant du projet ELECTRIC TOGOLAND (mon autre coup de cƓur et l’un des coups de maitres de sa carriĂšre), il conçoit un album choral suivi d’un documentaire vidĂ©o.

C’est un album dont la plupart des morceaux ont bercĂ© son enfance et sur lequel un vĂ©ritable apport en termes de partage d’expĂ©rience a eu lieu entre lui et des artistes togolais qui ont participĂ©s au projet : King Mensah, Ali BAWA, Roger DAMAWUZAN, les Pleureuses de Klomayondi ainsi que des artistes et instrumentistes français et internationaux rencontrĂ©s sur divers scĂšnes en Europe ou en AmĂ©rique.

Un album aux couleurs reggae, hard-rock, jazz, funk sur des rythmes et aux sonoritĂ©s togolaises et africaines (Sa marque de fabrique! – L’originalitĂ© et la crĂ©ativitĂ©, deux choses essentielles pour se dĂ©marquer vu que chaque trente (30) minutes naissent de nouveaux artistes au Togo)

Je ne terminerais pas ce billet sans vous parlez de son tout premier groupe de musique MALEEKA, forme avec Clavaire et J-B dont les vĂ©ritables dĂ©buts (2000) ont Ă©tĂ© la scĂšne de l’Espace Jeune au CCF (Centre Culturel Français, place ancien Freau Jardin).

« Il (MALEEKA) a Ă©tĂ© pour moi une Ă©cole. Aujourd’hui, mĂȘme si nous ne sommes plus ensemble sur le plan gĂ©ographique, le groupe n’est pas tout de mĂȘme dissout. Chaque fois que je reviens et qu’on se voit, on joue ensemble. Mon souhait est qu’un jour, on arrive Ă  faire encore des choses ensemble.»

Il est l’un des meilleurs artistes de sa gĂ©nĂ©ration Ă  vivre pleinement de son art, Ă  faire dĂ©couvrir son pays le Togo (parce que c’est aussi cela le but de l’artiste – faire dĂ©couvrir son pays et le vendre) sur une multitude de scĂšnes internationales mais hĂ©las il reste un total inconnu dans son pays.

Pourquoi ? A qui jeté la pierre ?

Chacun pourrait y aller de son petit commentaire sur ces questions.

Il me (nous) reste à savoir si nous continuerons incessamment à célébrer nos artistes de leur vivant ou à leur mort en nous pourfendant de « RIP », « Condoléances » les plus plates et vide de sens ?

AMEN VIANA, combien de « mélomanes » togolais pourraient mettre un visage sur ce nom ?

Amen Viana est un Beatles, un Francis Cabrel, un Keziah Jones, un Olufela Olusegun Oludotun Ransome-Kuti (Fela Kuti – pour toi qui connait pas son nom en entier), un Faada Freedy de la Musique au Togo (vu que nous n’avons pas de Musique Togolaise – un autre billet ? – EmoticĂŽne ironique du petit diable bleu).

«  Il va de soi que l’on ne choisit pas sa maison mais il est aussi connu que c’est un choix personnel de l’honorer ou pas. »

Euh

ah oui ! C’est la fin de la citation du fantîme togolais.

Mr Lufiot